lundi 14 avril 2008

Le Catch féminin en France

Les hommes n'étaient pas les seules à avoir eu droit aux honneurs du ring. Bien que minoritaire, le catch féminin était bel et bien présent à l'époque. Petit tour d'horizon.

Le Catch féminin prit naissance aux Etats Unis en 1930 grâce à Billy Wolfe dont l'épouse Milfred Bruke qui devint la première championne du monde de catch de l'histoire en 1936, un titre qu'elle conserva pendant 19 années consécutives. Le catch féminin fut introduit en France par un catcheur Emile Guilloton qui organisa les premiers combats de catch féminin avec en tête d'affiche son épouse, Nady Jacky, Ceinture noire de Judo et qui était une catcheuse réputée.
Cependant, le catch féminin restait dans l'ombre des exploits masculins pour de nombreuses raisons. Tout d'abord, le faible nombre de catcheuses n'allaient pas en sa faveur. En effet, il était recensé en France une vingtaine de lutteuses pour 300 catcheurs professionnels français, sans compter les étrangers luttant en France. Il est vrai que la lutte professionnelle nécessitait un entraînement intensif, et un rythme de vie très éffréné enchaînant les entraînements et les voyages à travers la France de villes en villes, de galas en galas. Ce rythme n'incitaient guère les femmes à tenter l'aventure dans un monde d'homme.
Léo Dewert, Célèbre catcheuse belge ayant officiée en France durant près de 20ans
D'autre part, le catch féminin était jugée immoral dans de nombreuses régions et notamment Paris et sa banlieue. Il y était interdit. En conséquent, les femmes n'avaient pas le droit de se produire dans les grandes salles parisiennes: Central Mutualité Wagram Elysée Montmartre... De même, la télévision Française et les commentateurs sportifs n'avaient pas le droitd e citer le catch féminin ni de parler de lutteuses sur les ondes de l'ORTF. Pour autant, certaines d'entre elles se firent un nom et devinrent aussi respecter dans le milieu que l'eut été les catcheurs hommes. Nous serons amenés au fil du site à parler davantage de ces lutteuses et leur consacrer un article à part entière. Toujours est il, voici un petit récapitulatif des principales lutteuses s'étant produites en France:
Née à Limoges, Babette Carol fut formée au catch par Jacques Couderc. Elle se distinguait sur le ring par un style très technique et rapide. Touche a tout, elle a également été championne de natation, réalisatrice de disques et assistante radio, elle tourna également quelques seconds rôles comme dans Les "Mystères de Paris" avec Jean Marais.
Autre Phénomène que la lutte féminine française ait connue: Léo Dewert.(photo ci dessus) D'origine belge, Léo Dewert fut l'une des plus grandes représentatrices de la lutte féminine se produisant jusqu'à la fin des années 1980.



Une autre belge marqua le territoire français par ses performances sur un ring. Il s'agit de Paule de Cottignies. Née en 1930, après avoir fréquenté le CREPS de Toulouse, elle fit son premier combat en 1951 contre l'une des pionnières du catch féminin Léa Calonne, (en blanc) que l'on peut voir en affrontement avec Betty Nelson ci contre. Paule de Cottignies surnommée "Le diable Rouge" fut une catcheuse redoutable qui devint par la suite cascadeuse, doublure, comédienne et actrice de théatre avant de se reconvertir dans la peinture.



Comment parler de catch féminin sans évoquer la lutteuse italienne Lina Magnani (photo en bas à gauche). Entraînée par Bob Rémy elle combattit avec succès à partir de 1957. Championne d'Italie sur la ring, elle conduisait a la ville les cars qui amènent les catcheurs de ville en ville. elle a été en France très pébliscité dans les années 60 avec la catcheuse hongroise Margrit Koltay, et Sylvie Morelli (photo de droite), et Léo Dewert.





















Bien d'autres lutteuses se sont produites et avec succès à cette période parmi lesquelles Lola Garcia, Annie Vignal la dite cultivée et noble Caroline de Beaumont, Maria Apolski, lutteuse polonaise se produisant en France dès 1950 et qui avait pour réputation "d'être une rude catcheuse qui ne brutalise jamais les débutantes", les suissesses Dominique Estermann et Andrée Gerber, la bretonne Brigitte Born , la marocaine d'origine antillaise Olivia Mango catcheuse à partir de 1955 après avoir pratiqué la danse à claquettes, l'athlétisme,le basket ball le volley ball et la natation. Blanche Brown, Monique Denays, Rachel Duval ainsi que Michèle et Nadine Lanier, championne de France, furent de redoutables lutteuses. Cette dernière a combattu notamment au tournant des années 60-70 contre l'américaine Jenyfer Mike.


Pour finir cette petite liste, bien sûr exhaustive, mentionnons les "hispaniques" Pépita Ortéga catcheuse très énergique, qui catcha dès 1953 avant de se reconvertir dans le corps arbitral. Nous pouvons la voir ici officiant durant le match opposant Le Mercenaire Pierre Rouanet à Maurice Naeguelen. Helena Cortez et Chris Cherdo étaient également deux lutteuses redoutables et redoutées comme l'on peut le deviner d'après les présentations faites de ces deux puissantes lutteuses.




Le métier n'épargnaient guère la gente féminine. Bien au contraire! Elles ont également eu a souffrir de nez fracturé, d'épaules démises, de genoux cassées, de tendons de pieds sautés, d'arcades sourcillères ouvertes, de doigts cassés écrasés, de vertèbres cervicales déplacées et bien d'autres. D'ailleurs à ce sujet Robert Lageat disait du catch féminin: " Personellement, je trouve que le catch est un métier bien trop pénible pour une femme. Je m'opposerais à ce qu'un membre féminin de ma famille se lance dans cette profession."

5 commentaires:

alain a dit…

Superbes commentaires sur le catch féminin agrémentés de photos très "parlantes".
Oui, ces femmes ne se dégonflaient pas
et proposaient de belles envolées et garantissaient l'ambiance dans les salles
Chapeau mesdames

Anonyme a dit…

Des nos jours, le catch féminin n'est pas tant répandu que ça encore. Grâce à des catcheuses comme bulla punk (ICWA) ou les Queens of chaos (France Catch), il se pourrait qu'un jour ça puisse grimper. D'ailleurs j'ai entendu parlé que dans le petit club de Nanterre l'APC il y a deux filles (une certaine Little Stormy, et une autre dont je ne connais pas le nom).

La relève peut être assurée

Bonne journée

Le Patriote a dit…

Cher Monsieur,

il est a souhaiter bien évidemment que le Catch en France se redéveloppe comme il l'était avant et que le catch féminin en fasse partie intégrante.

bien a vous

Anonyme a dit…

j ai deja vu chris cherdo à montataire en 1981 faire du catch féminin seins nus . theokojak@live.fr

Frédéric a dit…

Bonjour,
tout d'abord bravo et merci pour ces infos sur le catch à son âge d'or en France. Juste une petite précision concernant Paule De Cottignies, qui s'avère être ma mère et qui nous a hélas quitté le 12 mars 2008. Elle n'était pas Belge, mais bien Française, Bordelaise exactement. Comme son amie Babett dont vous parlez, elle avait tourné aussi entre autres dans les Mystères de Paris. Par contre vous n'avez pas de photo d'elle. Est-ce que vous seriez intéressé pour en avoir?
Cordialement